Un phénomène. Les responsables des Unions d’Églises du Réseau FEF sont d’accord. Éric Waechter, Secrétaire Général du Réseau FEF, en parle ainsi : «Vous avez observé ce phénomène qui peut-être vous dépasse : une génération motivée pour la cause de l’Évangile se lève. Ici un groupe de jeunes redécouvre la nécessité d’annoncer l’Évangile dans le quartier de son Église locale. Ailleurs, des étudiants se mobilisent dans leur cité universitaire pour organiser une joute apologétique. En période de vacances, d’autres mettent en place une action humanitaire dans un pays étranger. La génération des moins de 30 ans bouscule les aînés par ses exigences : elle désire avoir des modèles à suivre, elle réclame une formation, et surtout elle veut vivre une vie cohérente avec les valeurs de l’Évangile… Voila des jeunes qui demandent à être accompagnés.»

Aujourd’hui, la mission

Jésus, le Seigneur de la mission nous accompagne par son Esprit dans la priorité urgente d’annoncer l’Évangile en France. Aujourd’hui, notre pays a plus que jamais besoin d’entendre cet Évangile. Pour cela, il a besoin d’Églises dynamiques, conduites par une nouvelle génération de responsables. Tout en acceptant que tous les chrétiens sont appelés à un ministère centré sur l’Évangile, certains sont mis part pour cette tâche comme responsables de nos assemblées locales.

Les stages Nouvelles Générations ont comme mission de préparer de nouveaux responsables capables d’enseigner, former et accompagner tous les chrétiens à vivre et à annoncer l’Évangile.

La première promotion

Depuis la rentrée, trois stages ont débuté :

– Luc-Antoine et Aurélie Regard (stagiaires) avec Paul et Karan Davis (maîtres de stage) à l’Église de Pontcharra (France Mission)

– Solveig Dret (stagiaire) avec Déborah Prisk (maître de stage) à l’Église de Lagny sur Marne (AEEBLF)

– Arnaud Bonset (stagiaire) avec Jean-Paul Colobert (maître de stage) à l’Église de la Bonne Nouvelle de Strasbourg (CAEF)

J’ai envie

Je me souviens d’avoir rencontré Luc-Antoine, quand il était étudiant à Paris. Nous étions tous les deux associés à un projet de lancement d’un nouveau groupe local de GBU pour témoigner parmi les étudiants sur le campus de Marne la Vallée. Son désir de partager la Parole de Dieu a dépassé ce projet ponctuel et local. «J’ai à coeur de servir le Seigneur, je n’ai pas envie de gâcher ma vie, j’aimerais qu’elle contribue pour l’avancement du royaume de Dieu. Merci de prier pour moi que Dieu guide toutes choses, qu’Il me montre mes dons, qu’Il me forme et qu’Il m’utilise

pour sa gloire.» Concrètement, Dieu l’a guidé pour finir les études, pour le début d’une vie de couple, puis d’une vie de famille, pour les premiers pas dans la vie professionnelle et pour l’achat d’une maison. Mais contribuer à l’avancement du Royaume de Dieu était une prière qui restait dans son esprit. «J’ai envie de faire quelque chose d’utile dans l’Église».

Trajectoire

«Couper les ponts» avec un cursus professionnel ou d’études n’est pas évident. Avant de s’engager dans une formation longue et coûteuse, il faut être sûr de ce qu’on fait… C’est pour cela que le Réseau FEF a mis en place des stages «Nouvelles Générations» en amont de la prise de décision finale en ce qui concerne le ministère à plein temps.

– Un stage de découverte pratique du ministère dans une Église.

– Un suivi personnel par un formateur expérimenté et passionné par son ministère.

– Un accent sur l’intégration d’une formation pratique et biblique.

– Une formation du caractère aussi bien que des convictions, des compétences et des connaissances.

Devenir responsable

L’originalité des stages «Nouvelles Générations» (NG) réside dans la découverte du ministère en amont de la prise de décision de se former pour devenir responsable d’Église. Par exemple, Aurélien a d’abord suivi un stage de découverte pratique, et puis a fait des études à l’Institut Biblique de Genève. Il est actuellement responsable à plein-temps : «le stage avant mes études à l’IBG a été une occasion inédite de tester le ministère à plein temps. Après mes études de droit, je me posais plein de question sur le ministère : est-ce que Dieu m’appelle ? Est-ce que ça me plaît ? Est-ce que j’ai envie de servir l’Église à plein temps ? Pendant un an, encadré par un mentor, j’ai pu vivre une expérience inouïe qui m’a donné le goût d’être au service de la Parole !»

Le modèle d’accompagnement

Le paradigme retenu est celui du discipulat dans lequel le stagiaire vit et travaille à côté d’un maître de stage et apprend en l’observant de près. La proximité relationnelle avec le maître de stages va donner au stagiaire la possibilité de vivre le ministère avec ses joies, ses contraintes et ses peines. Luc-Antoine et Aurélie passent du temps chaque matin dans la prière et la médiation de la Parole avec leurs maîtres de stage.

Modalités pratiques

L’équipe NG travaille en étroite collaboration avec les différentes Unions d’Églises et l’Église locale qui accueille le stagiaire. Les modalités du stage NG sont définies après consultation avec chacun des acteurs. Cette année, chaque stagiaire s’est engagé à plein temps pour une durée d’un an.

Les stages mettent aussi l’accent sur l’intégration d’une formation pratique et biblique. Tous les stagiaires de cette promotion suivent des cours de théologie avec des formules variées : cours décentralisés à Lyon, cours par correspondance et cours intensifs de deux semaines avec la Faculté libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine. En moyenne, la charge de travail représente un jour par semaine pour chacun des stagiaires.

Le coût du stage dépend beaucoup du cadre administratif retenu par l’Union d’Églises (étudiant, bénévole, CAVIMAC, régime général). Pour un engagement à plein temps de 12 mois, le coût du stage est d’environ 9 000 € en comprenant le logement, les frais de vie courante, les frais de ministère et les frais de scolarité. Deux stagiaires NG ont un statut étudiant, le couple Regard est bénévole. L’un des stagiaires étudiant est financé en partie par son Église, l’autre est pris en charge pleinement par son Assemblée et des donateurs.

Réseau de stages NG

Le coordinateur des stages NG travaille à l’élaboration des conventions de stage en collaborant avec les formateurs et les stagiaires. Il veille aussi à leur mise en application en mettant l’accent sur les valeurs à transmettre plutôt que sur un programme imposé. Le stage vise à transmettre les quatre éléments clés du ministère : convictions, connaissances, compétences et caractère d’un serviteur de Dieu.

Nous visons aussi la création de liens entre les maîtres de stage et entre les stagiaires situés dans des villes différentes. Les maîtres de stages NG se rencontreront régulièrement lors de réunions sur Skype. Nous avons prévu deux rencontres de deux jours de formation et de partage pour veiller à la qualité du stage. De plus, ce sera pour le stagiaire l’occasion de faire le point en confrontant son vécu avec celui des autres stagiaires. Il va découvrir que les principes de formation du stage sont mis en pratique de manière très variée selon le stage.

Encouragements

Je suis reconnaissant à Dieu parce que les portes d’une première expérience de stage NG ne se sont pas ouvertes à un stagiaire, mais à trois stagiaires. Je vois des réponses à la prière quand je sais que pour commencer leur stage dans une autre ville, Luc-Antoine et Aurélie étaient dans une situation contraignante liée à la vente de leur maison. Dieu a conduit les choses en temps voulu. Ils ont pu vendre la maison et trouver un appartement au centre ville à proximité de l’Église de Pontcharra. Je suis marqué par l’engagement et le sacrifice de cette famille qui, avec deux petits à charge, une vie professionnelle stable et bien rémunérée et une vie tranquille dans une maison à la campagne, a décidé de quitter ses riches «filets» pour «devenir pécheur d’hommes». Je suis heureux des nouvelles reçues de leur maître de stage. Je suis heureux de savoir combien il apprécie l’envie de servir du couple et les moments qu’ils ont pu passer tous ensemble, aussi bien dans la prière que dans les activités liées au ministère. «Voila les jeunes qui demandent à être accompagnés»… dans les stages Nouvelles Générations.

PAUL KING


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Aurélie et Luc-Antoine Regard, mariés depuis 2005, nous avons deux enfants : Kélya 3 ans et Noam 9 mois. Nous sommes tous les deux originaires du Sud-Ouest (Angoulême et Lot-et-Garonne) mais nous habitions depuis notre mariage à Nevers, dans la Nièvre. Aurélie est professeur des écoles et Luc-Antoine travaillait dans le secteur social.

Comment avez-vous rencontré le Seigneur ?

Nous avons tous les deux grandi dans un foyer chrétien et avons appris à aimer le Seigneur durant notre enfance.

Aurélie : Je me suis engagée de façon plus réfléchie au cours de mon année de terminale (merci la philo!).

Luc-Antoine : Durant ma période étudiante, je me suis engagé à vivre une vie de disciple du Seigneur Jésus et à le servir comme Il me le montrerait.

Pourquoi avez-vous choisi de faire un stage NG ?

Après nous être investis quelques années dans notre Église locale, nous avons ressenti le besoin d’être davantage équipés, pour être plus utiles. Ce que nous souhaitions, c’est pouvoir nous investir dans une église en bénéficiant de l’accompagnement d’un serviteur confirmé et motivé.

Notre but était d’apprendre à mieux servir, découvrir nos dons ainsi que la meilleure façon de les développer, afin de pouvoir être mieux préparés pour servir Dieu au sein de l’Église.

Au départ, nous ne pensions pas nous engager à temps plein durant une année mais plutôt nous impliquer dans nos temps libres, puis l’équipe de NG nous a présenté les avantages d’une période à temps plein et nous avons été convaincus d’aller plus loin.

La perspective de faire un stage accompagné par Paul et Karan Davis, missionnaires en France depuis 30 ans dans un ministère d’implantation d’Églises, nous a bien motivé.

Qu’avez-vous dû concrètement mettre en œuvre pour rejoindre votre lieu de stage?

Il fallait vendre notre maison à Nevers et trouver un logement à Pontcharra. Après une période d’attente et d’incertitude quant au départ, tout s’est ensuite vite déroulé. Nous avons signé un compromis de vente début août, mais il restait encore une difficulté (que nous n’attendions pas !) : trouver un logement avec un propriétaire qui accepte notre situation (nous n’avons pas de salaire). Dieu a pourvu au bon moment, nous avons pu commencer le stage début septembre !

Parallèlement Luc-Antoine a démissionné de son poste (directeur d’un foyer-logement pour personnes âgées). Aurélie était en congé parental.

De vous deux, qui fera quoi l’année à venir ?

Nous allons tous les deux nous investir dans l’Église Évangélique du Haut-Grésivaudan (entre Grenoble et Chambéry) à Brignoud (Église-mère) et pour l’implantation de celle de Pontcharra, en accompagnant Paul et Karan Davis dans les diverses activités en lien avec l’Église (cultes, études bibliques, parcours Alpha, actions ponctuelles).

Nous voulons aussi participer activement à la vie sociale de la ville (voisinage, cours de français pour étrangers, guitare, athlétisme, parents d’élèves…) et saisir les possibilités de témoigner de notre foi.

Nous allons également recevoir une formation plus «théorique», avec un apport de la part de Paul et Karan et des occasions de formation sur Grenoble (Cifem). Luc-Antoine suit aussi une formation en théologie de la Faculté de Vaux (cours par correspondance, et sessions intensives).

Quelles sont vos attentes pour l’année à venir ?

Nous voulons continuer à grandir avec Dieu, être mieux formés et mieux discerner comment être plus utiles dans l’Église. Pour la suite, nous avons laissé ouvertes toutes les possibilités pour découvrir où et comment servir. Nous verrons en cours d’année les modalités et le lieu pour l’étape suivante.